La Turquie, c'est une surcharge sensorielle dans le meilleur sens du terme
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La Turquie, c'est une surcharge sensorielle dans le meilleur sens du terme

Le premier matin à Istanbul, je suis sorti de mon hôtel à Sultanahmet et en trente secondes, j'ai entendu l'appel à la prière résonner contre la Mosquée bleue, un vendeur de tapis m'a offert du thé, j'ai failli me faire percuter par un tramway, et j'ai senti l'odeur du maïs grillé d'un chariot ambulant. Tout ça avant le petit-déjeuner. La Turquie ne t'accompagne pas en douceur.

J'étais venu pour l'histoire et les kebabs. J'ai eu les deux, plus une intensité de la vie quotidienne qui a fait paraître toutes les autres villes européennes que j'avais visitées à moitié endormies. La nourriture seule justifierait le voyage. L'architecture, la géographie, l'hospitalité -- tout ça se superpose d'une façon difficile à digérer et impossible à oublier.

Istanbul : deux continents, zéro répit

Istanbul est la seule grande ville au monde à cheval sur deux continents, et elle se comporte comme telle. Le côté européen a l'histoire et la vie nocturne. Le côté asiatique a la chaleur résidentielle et la meilleure bouffe (je suis prêt à me battre là-dessus). Le Bosphore coule entre les deux, et les traversées en ferry sont l'une des meilleures expériences de la ville -- 0,50$ pour un trajet avec des vues que les gens paient des centaines de dollars sur des croisières touristiques.

Où loger

Sultanahmet, c'est là que se concentrent les grands sites -- Sainte-Sophie, la Mosquée bleue, le palais de Topkapı, la Citerne Basilique. C'est pratique pour les primo-visiteurs et le tourisme, mais c'est aussi le coin le plus orienté touristes. Les restaurants sont plus chers et la qualité pas toujours au rendez-vous.

Beyoğlu/Galata, c'est là que j'irais. L'avenue Istiklal est l'artère principale -- chaotique, bondée, bordée de boutiques et de restaurants. La tour de Galata offre de superbes vues sur la ville. Le quartier a plus de personnalité et de vie nocturne que Sultanahmet, et tu es à un trajet de tramway des sites historiques.

Kadıköy (côté asiatique), c'est pour la deuxième visite ou pour ceux qui veulent vivre comme un local. Le ferry de Kadıköy à Eminönü est l'un des grands rituels quotidiens d'Istanbul. Le marché là-bas -- les fruits et légumes, le poisson, la street food -- est meilleur que tout ce qu'on trouve côté européen. C'est moins cher, plus calme, plus résidentiel.

Les sites (version honnête)

Sainte-Sophie est extraordinaire. Ça a été une église, une mosquée, un musée, et de nouveau une mosquée. L'échelle de l'intérieur te fait te sentir minuscule d'une façon que peu de bâtiments peuvent produire. Vas-y tôt le matin. C'est gratuit maintenant (puisque c'est redevenu une mosquée active), mais tu devras te couvrir les épaules et les genoux, et les femmes ont besoin d'un foulard.

La Mosquée bleue est magnifique mais souvent en rénovation. Vérifie avant de faire la queue.

Le Grand Bazar est un de ces endroits qui est à la fois un piège à touristes et un lieu qui vaut vraiment le détour. Oui, les prix sont gonflés. Oui, on va te solliciter. Mais l'architecture est impressionnante, l'échelle est absurde (plus de 4 000 boutiques), et si tu t'aventures au-delà des allées touristiques évidentes, tu trouveras de vrais artisans qui font un vrai travail. N'achète rien sans négocier -- le premier prix est généralement le double ou le triple du vrai.

Le Bazar aux Épices (Bazar Égyptien) à côté est plus petit, moins étouffant, et meilleur pour acheter concrètement des trucs comme des loukoums, des épices et des fruits secs.

Se déplacer

Procure-toi une Istanbulkart immédiatement. C'est une carte de transport qui fonctionne dans les tramways, bus, métro et ferries. Charge-la à n'importe quel kiosque ou borne. Un trajet coûte environ 15 TL (0,50$). Sans elle, tu paieras plus et tu perdras du temps à acheter des tickets individuels.

Le réseau de ferries est efficace et pittoresque. Utilise-le au lieu de te battre contre le trafic sur les ponts. Les taxis existent mais la circulation d'Istanbul est brutale, et certains chauffeurs prennent des "itinéraires panoramiques" avec les touristes. Uber fonctionne ici (sous le nom BiTaksi) et c'est plus sûr pour les prix.

Cappadoce : une autre planète

Rien ne te prépare à la Cappadoce. Le paysage est véritablement extraterrestre -- des cheminées de fée, des habitations troglodytes, des villes souterraines creusées dans la roche volcanique, et des centaines de montgolfières flottant au-dessus à l'aube. J'avais vu les photos Instagram et j'étais quand même pas prêt pour la réalité.

La question des montgolfières

Oui, c'est cher. Un vol standard coûte 150-200$ par personne. Oui, ça vaut le coup de le faire une fois. Tu voles au lever du soleil au-dessus d'un paysage qui semble généré par ordinateur, avec des dizaines d'autres ballons autour de toi dans la lumière dorée. Le vol dure environ une heure et la plupart des opérateurs incluent un toast au champagne et le transfert depuis l'hôtel.

Réserve avec une compagnie réputée -- c'est pas le moment de faire des économies. Royal Balloon, Butterfly Balloons et Voyager sont bien cotés. Les vols sont annulés en cas de vent, donc si les montgolfières sont importantes pour toi, prévois au moins deux ou trois matins dans ton planning comme marge de sécurité.

Si tu ne voles pas, regarder les ballons depuis le sol -- surtout depuis Sunset Point à Göreme ou depuis une terrasse sur le toit -- c'est déjà magique. Mets ton réveil avant l'aube.

Au-delà des montgolfières

Les villes souterraines sont fascinantes et claustrophobes. Derinkuyu est la plus profonde -- huit niveaux descendant à 85 mètres sous terre, construits comme refuges contre les envahisseurs. Kaymaklı est plus petite mais moins bondée. L'entrée coûte environ 150 TL (5$) pour les deux.

Les randonnées dans les vallées sont le trésor caché. La Vallée Rose et la Vallée Rouge ont des formations rocheuses d'un autre monde et prennent 2-3 heures. La Vallée de l'Amour, c'est celle avec les rochers aux formes, euh... suggestives. La Vallée des Pigeons relie Göreme au château d'Uçhisar et offre des vues panoramiques tout le long. Tu n'as pas besoin de guide pour aucune d'entre elles.

Le musée en plein air de Göreme est un site UNESCO avec des églises troglodytes contenant des fresques du Xe au XIIe siècle. Ça vaut le détour, même si c'est bondé en milieu de journée. Vas-y tôt.

Dormir dans une grotte

Les hôtels troglodytes sont le truc en Cappadoce, et ils vont du basique pour backpackers (30$/nuit) au luxe absurde (500$+/nuit avec terrasse privée et vue sur les ballons). Même les options milieu de gamme (60-100$) te donnent l'expérience de dormir dans la roche creusée, ce qui est plus étrange et plus confortable que ça en a l'air. Le Sultan Cave Suites a la fameuse terrasse mais c'est complet des mois à l'avance.

La bouffe

La cuisine turque est l'une des grandes cuisines du monde, et elle va bien au-delà des kebabs. Même si les kebabs sont excellents.

Le petit-déjeuner est un événement. Un petit-déjeuner turc typique comprend des tomates, des concombres, des olives, plusieurs fromages, du miel, du kaymak (crème caillée), des oeufs, des saucisses (sucuk), des confitures, et du pain et du thé à volonté. Les hôtels l'incluent généralement, et les restaurants dédiés servent des plateaux pour environ 150-250 TL (5-8$) par personne. Ne fais pas l'impasse.

Le lahmacun, c'est un pain plat fin avec de la viande hachée épicée -- parfois appelé pizza turque, ce qui lui fait injustice. Presse du citron dessus, ajoute du persil, roule-le. Ça coûte environ 40-60 TL (1,50-2$).

Le pide, c'est la vraie pizza turque -- un pain plat en forme de barque avec divers garnitures. Le kasarlı (fromage) et le kıymalı (viande hachée) sont les classiques.

Les mantı sont de minuscules raviolis turcs servis avec du yaourt et du beurre épicé. Riches, consistants, et l'un des meilleurs plats que j'ai mangés où que ce soit.

Le baklava -- prends-le à Gaziantep si tu peux, ou dans une pâtisserie style Gaziantep n'importe où en Turquie. Karaköy Güllüoğlu à Istanbul est la plus célèbre. La différence entre un bon baklava et un baklava pour touristes est énorme.

Et le thé. Le thé est omniprésent. Offert dans les boutiques, après les repas, pendant les négociations, aux gares routières, partout. Il arrive dans de petits verres en forme de tulipe, corsé et servi avec des morceaux de sucre. Refuser le thé est presque impoli. J'en buvais environ huit verres par jour.

La côte Égéenne (version courte)

Si tu as du temps au-delà d'Istanbul et de la Cappadoce, la côte ouest vaut le détour. Izmir est la troisième ville de Turquie -- plus libérale, plus décontractée, avec un beau front de mer. Éphèse à proximité est l'une des villes antiques les mieux conservées de Méditerranée. Pamukkale a ces fameuses terrasses thermales blanches qui semblent retouchées mais sont bien réelles (vas-y tôt, ça se remplit vite et le site est plus petit que les photos ne le laissent penser).

Le côté pratique

Argent : La lire turque est instable depuis des années, ce qui est mauvais pour les Turcs mais signifie que la Turquie offre un excellent rapport qualité-prix pour les visiteurs avec des dollars ou des euros. Un bon repas au restaurant coûte 5-10$. Une chambre d'hôtel de qualité, 40-80$. Vérifie le taux de change avant de partir -- ça bouge vite.

Se déplacer : Les vols intérieurs sont pas chers -- Istanbul-Cappadoce pour 30-50$ sur Pegasus ou AnadoluJet. Les bus interurbains sont confortables, souvent avec des places assignées et un service à bord. Le bus de nuit Istanbul-Cappadoce prend environ 10-11 heures et c'est une option budget viable. La location de voiture marche bien pour la Cappadoce et la côte Égéenne.

Sécurité : La Turquie est globalement sûre pour les touristes. Istanbul a les préoccupations habituelles d'une grande ville -- pickpockets dans les zones bondées, l'arnaque occasionnelle (le "local sympa" qui t'emmène au bar de son cousin). Hors d'Istanbul, la majorité du pays est remarquablement sûre et accueillante. Les régions orientales proches de la Syrie ont des avertissements de voyage, mais le circuit touristique est loin de là.

Hammam : Fais-le au moins une fois. Un bain turc traditionnel comprend de la vapeur, un gommage sur une dalle de marbre chauffée, et un massage savonneux. C'est une expérience même si tu n'es pas fan de spas. Le Çemberlitaş Hamamı à Istanbul fonctionne depuis 1584. Compte environ 500-800 TL (15-25$) pour le traitement complet.

Marchandage : Attendu dans les bazars, déplacé dans les restaurants et boutiques à prix fixes. Commence à environ 40-50% du prix demandé et négocie à partir de là. C'est censé être amical -- le thé fait souvent partie du processus.

Hospitalité : L'hospitalité turque n'est pas du cinéma. Les gens vont t'inviter pour un thé, t'aider à trouver ton chemin en t'y accompagnant personnellement, et refuser de te laisser payer. Accepte gracieusement. C'est l'une des choses authentiquement merveilleuses du voyage ici.

La Turquie a cette façon de te donner plus que prévu. Tu y vas pour l'histoire et la nourriture te prend par surprise. Tu y vas pour la Cappadoce et tu tombes amoureux d'Istanbul. Tu prévois une semaine et tu aurais voulu en avoir trois. Le pays est tellement vaste et varié que tu pourrais y passer des mois en effleurant à peine la surface, mais même un court séjour te marque plus que tu ne l'aurais cru.

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